WEEK-END DANS LE PERCHE

En amoureux, en famille ou entre amis, le Perche est l’occasion de week-ends sympas et pas trop chers proche de Paris. Louer un gîte ou réserver une chambre d’hôtes se fait sans difficulté, l’offre ne manque pas… Amateurs de tranquillité, de vielles pierres, de belle nature, ce blog n’a d’autre objectif que de vous donner l’envie de découvrir la région…

Le Perche, une région qui gagne à être connue…

C‘est un peu par hasard qu’on a découvert le Perche… Une brochure ramassée sur un stand dans un quelconque salon… Des photos, des dessins, quelques aquarelles suggérant une nature et un patrimoine attrayants, bref, une belle mise en page et du coup, une brochure qu’on garde en se disant « Une idée de week-end au printemps… »

Et le temps passe, le Perche est oublié : les week-ends au printemps, c’est plutôt la côte normande, la baie de Somme ou les dunes du Touquet lorsque le temps le permet… Mais un jour, je retombe sur la petite brochure…  Cette fois, c’est décidé, le week-end prochain, on le passe dans le Perche…

A plus ou moins deux heures de route de Paris, facilement accessible depuis la gare Montparnasse, le Perche est une destination de week-end idéale pour ceux qui d’un coup, seraient pris d’une furieuse envie de campagne, loin de l’agitation francilienne (Voir Côté pratique).

On a loué un gite du côté de Nocé. Le charme est immédiat. Nous sommes en Février, c’est quand même pas le mois le plus joyeux de l’année, et pourtant, malgré un temps médiocre, on entrevoit sans peine tout ce que la région a de richesses. La propriétaire, une américaine nous accueille avec beaucoup de gentillesse et nous raconte comment elle est tombée amoureuse de la région. Nous n’avons aucun mal à la croire ! Notre enthousiasme ne fera que croître au fil des week-ends suivants.

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Louer un gîte…

Les formules gites ou chambres d’hôtes permettent des séjours en pleine nature, au calme, pour se détendre et profiter des beautés qu’offre la région… Ces hébergements sont, pour la plupart, aménagés avec beaucoup de goût, ils ont été restaurés dans le respect des traditions locales (Voir « Le Patrimoine bâti du Perche ») et dégagent beaucoup de charme. On y trouve meubles, objets et vieux chiffons, tirés des greniers de grand-mères ou chinés dans les nombreuses brocantes du coin.

Après quelques week-ends au gite des Conardières, on a eu l’occasion de séjourner dans plusieurs autres endroits, mais on a eu un grand coup de coeur pour La Lauseraie et La Lorandière tout au sud du département de l’Orne. (Voir aussi Côté Pratique)

Louer un de ces gites c’est faire un saut dans le passé. Beaucoup de propriétaires n’ont volontairement mis ni TV ni internet, et il arrive que dans certains coins on ne capte aucun réseau téléphonique : l’obligation totale de se déconnecter de la vie parisienne ! Le repos complet… Certains vont ironiser et me demander : « On survit ? » …  Ben oui, la preuve, et même qu’on en redemande ! C’est sûr que, si pour vous nature rime avec Parc Montsouris ou Jardin des Tuileries, si les seuls animaux dans votre champ de vision se résument au chien qui lève la patte tous les jours sur la roue avant de votre Smart, aux pigeons alignés sur l’antenne de l’immeuble d’en face, et si le mot cheval ne vous évoque rien d’autre que les courses à Longchamp ou les poneys des allées du Luco, se retrouver dans le Perche, perdu au milieu de nulle part, ça fait un choc !

Imaginez le matin, au réveil…
Cette sensation d’inconnu… Aucun bruit… Pas de camion-poubelle, pas d’engins qui lavent les trottoirs à grande eau et grand bruit, pas de marteaux-piqueurs ou d’engins de BTP du chantier d’à côté… Pas ce brouhaha quotidien qui nous tire du lit en grognant chaque matin… Rien… Juste le silence entrecoupé de chants d’oiseaux… « Cliché ! » vous allez me dire… Peut-être, mais c’est vraiment ça… Les rayons de soleil percent au travers des volets et nous incitent à ouvrir les paupières… Nos yeux rencontrent alors les poutres au plafond et là, on prend réellement conscience qu’on n’est plus à Paris !

Imaginez, le petit déj’ dans le jardin…
Les abeilles butinent déjà les fleurs, ça bourdonne dans les feuillages, le chat fait consciencieusement sa toilette devant la porte de la grange… Au loin, on entend juste quelques vaches qui conversent entre elles…
Sur la table, de grands bols à l’ancienne, fêlés ou ébréchés, une cafetière en alu, des panières remplies de viennoiseries, de savoureuses confitures faites par la propriétaire… humm…
Il fait un peu frais, mais qu’est-ce qu’on est bien… On bavarde, on traîne, on ne voit pas l’heure passer…  Le soleil monte dans le ciel, l’humidité du matin s’est dissipée… La journée s’annonce belle… On part en balade ?

En balade dans les sentiers

A moins que vous ne soyez un adepte du Vélib’ du côté de Montmartre, oubliez l’idée de balades pépères à vélo sur les routes du Perche. Comme je l’évoque dans l’article « Le Perche et son Parc Naturel Régional », le relief est accidenté, ça monte et ça descend en permanence… Quand on n’a pas l’habitude, c’est carrément épuisant… Pas la peine de se gâcher le week-end avec des crampes dans les mollets ! Le mieux, c’est de repérer un coin sympa et d’y aller en voiture. Sur place, on se gare et c’est parti pour une heure ou deux de balade à pied dans les sentiers.

Au fil des saisons…

En été, c’est un régal, toutes sortes de senteurs chatouillent nos narines et surtout, cette diversité de paysages rend les parcours de balade inattendus ; on longe une haie, au virage suivant, on se retrouve en surplomb, découvrant un joli panorama, puis la route redescend, on traverse un petit bois et on ressort, avec d’un côté une prairie et ses chevaux en liberté, de l’autre, un champ de blés aux épis qui ondulent sous le vent, enfin, on tombe sur un ruisseau… On le suit un temps et, caché dans la verdure, on découvre un vieux moulin… Généralement, il y a un manoir à proximité. Pour la plupart, ces sites sont des propriétés privées et ne se visitent pas.


E
n automne, on en prend plein les yeux avec les couleurs rousses et dorées. Dans les chemins creux, on marche sur des tapis de bogues de châtaignes, ça provoque une sensation très agréable sous les pieds. Les écureuils sautent de branche en branche, ils sont si rapides qu’on a à peine le temps de les voir. Dans les sous-bois, ça sent bon la mousse, la terre humide, les champignons. Au loin, on entend soudain des coups de feu ; les chasseurs sont à l’oeuvre… On sait alors qu’on va voir un ou deux chevreuils surgir d’une haie, traverser l’allée sous notre nez et disparaître de l’autre côté… On prie silencieusement pour qu’ils aient la vie sauve.


L
‘hiver a son charme également. Bien sûr, on profite moins pleinement de la nature : le froid et l’humidité nous incitent plutôt à faire du cocooning au coin du feu. Mais tout de même, lorsque le givre s’étale sur les champs labourés et les toits des maisons, lorsque les arbres aux branches emmitouflées dans des manchons de gui se couvrent de cette fine pellicule blanche, c’est magnifique, et pour peu qu’il y ait un pâle rayon de soleil, les paysages se prêtent à de très belles photos…

Et le printemps ! Le printemps avec ses infinies gammes de vert, ses pommiers et cerisiers en fleurs, toute la nature qui s’éveille. Les maisons qui semblaient grises dans les brumes de l’hiver retrouvent leurs chaudes teintes blondes, les agneaux nouvellement nés font des multitudes de taches blanches dans les prés… La chaleur n’est pas encore au rendez-vous, certaines journées d’avril peuvent même être carrément froides, mais on sent la promesse d’un été enchanteur.

Les « accourus »

Ici, on nous appelle les « accourus »…

D‘où peut donc bien venir ce surnom ?
C‘est vrai qu’en sortant du bureau le vendredi soir, on s’engouffre précipitamment dans le métro, qu’on cavale dans les correspondances, pestant après les touristes et les provinciaux qui, eux, débarquent pour le week-end, tenant dans une main une énorme valise, dans l’autre un plan des lignes et qui s’arrêtent béats devant les panneaux indicateurs sans se rendre compte qu’ils bloquent le passage…
C‘est vrai qu’arrivés à Montparnasse, on se faufile dans la foule, qu’on attrape au passage un « Direct soir » et qu’on grimpe 4 à 4 les escalators, « Pardon »… « Excusez-moi »…
Et c’est encore vrai qu’une fois en haut, un bref coup d’oeil sur les affichages électroniques nous indique que le train de 18 h 24 est déjà annoncé sur la voie 20 et que là, on regarde, désespéré, les files d’attentes devant les bornes automatiques en se disant qu’on va le louper, ce train…
Et puis, finalement, on se retrouve assis parmi les têtes familières du vendredi soir ! Ouf, on a réussi cette fois encore…

Donc, vu comme ça, on peut dire qu’on accourt… Un peu tiré par les cheveux, hein ? Surtout que ceux qui choisissent la voiture sont loin d’accourir, eux !!!

Bon, si quelqu’un connait l’origine exacte, qu’il n’hésite pas à me faire partager ses connaissances sur le sujet !

LE PERCHE ET SON PARC NATUREL REGIONAL

Le perche : un parc et une région

Afin d’éviter toute confusion, il convient de faire la distinction entre la région historique du Perche et le Parc Naturel Régional du Perche.

D
‘après ce que j’ai pu lire, l
a province du Perche trouve ses origines au XIIè siècle et tirerait son nom de la forêt « Sylva Pertica ». Elle s’étend principalement sur le départe- ment de l’ Orne, empiète à l’Est sur l’Eure-et-Loir, au sud sur la Sarthe et enfin, mord un peu au sud-est sur le Loir-et-Cher.

L
e Parc Naturel Régional, lui, ne couvre que l’Eure-et-Loir et l’Orne (en orange sur la carte). Initié en 1991, il a officiellement vu le jour en janvier 1998. Il s’étendait alors sur 182 000 hectares autour du triangle Nogent-le-Rotrou (28), Mortagne-au-Perche et Bellême (61) et regroupait 118 communes. Suite au décret du 6 janvier 2010, le classement du Parc Naturel Régional du Perche a été renouvelé pour une durée de douze ans (à compter de la date de publication de ce décret) sur les territoires de 83 communes de l’Orne et de 43 communes d’Eure-et-Loir.

Qui dit Parc Naturel dit nature protégée…
L
es règles d’aménagement et de construction sont très strictes, tant pour les collectivités que les particuliers. Pas question de faire tout et n’importe quoi. Le patrimoine, qu’il soit naturel ou architectural est rigoureusement protégé. Chaque Parc a une Charte. Celle-ci doit assurer l’équilibre entre espaces naturels et espaces de vie et d’activité. Chaque nouveau projet doit être compatible, ou rendu compatible avec les orientations et les mesures indiquées dans la Charte.

Le Perche : une nature aux multiples facettes

Des milieux naturels très diversifiés

Le Perche est un ensemble de milieux naturels très diversifiés, disposés en étages : les bois et forêts se situent sur les hauteurs, viennent ensuite les versants bocagers plantés de haies et de vergers à pommiers ou cerisiers. Enfin, ce sont les vallées couvertes de landes sauvages, de prairies humides, de rivières et d’étangs.
Le relief y est plutôt accidenté : les routes montent, descendent et tournent de manière souvent brutale. A chaque tournant, un paysage différent.

Tous ces milieux abritent de nombreuses espèces végétales et animales. Sur le site du Parc Naturel Régional, on apprend que le Perche compte pas moins de 182 espèces d’oiseaux, 11 de reptiles (lézard, serpents et tortues) et 49 de mammifères. Quant aux végétaux, 1200 variétés ont été recensées dont 140 sont protégées.

Le bocage et ses haies champêtres

Là encore, il s’agit d’un des éléments principaux du paysage percheron. Ici, le bocage est ouvert : cela signifie que les parcelles sont délimitées par les haies sans être totalement closes.
Il existe différentes sortes de haies :
– D’abord, les haies dites de « Haut vent » : elles sont un mélange d’arbres élancés tels les chênes pédonculés, les ormes, les hêtres ou les châtaigniers.
– Puis il y a les haies arbustives : celles-ci sont constituées de noisetiers, d’aubépines, de charmes, de pruneliers, de sureaux ou encore d’érables.
– Viennent enfin les haies basse ou plantées. Ces dernières se prêtent tout particulièrement au plessage, cette technique qui consiste à entailler les arbustes à la base pour les plier et les entrelacer sur des piquets. On obtient ainsi une clôture vivante très efficace.

Chaque type de haie a sa propre utilité. Les plus hautes servent de brise-vent et protègent les cultures, elles autres sont un abri naturel pour le gibier. Les haies participent à la stabilisation des sols : elles permettent de lutter contre le ruissellement mais aussi d’épurer les eaux … Elles contribuent grandement au charme du paysage, rompant toute monotonie.

L’eau : un élément prédominant

D‘innombrables cours d’eau et rivières prennent leur source dans les collines du Perche, constituant un incroyable maillage. C’est une des caractéristiques du paysage percheron.

L
‘Huisne est le principal cours d’eau  : il s’écoule paresseusement de la Perrière où il prend sa source jusqu’à la Sarthe dans laquelle il se jette. Tout au long de son parcours de nombreux moulins ont connu en d’autres temps une belle activité. Parmi eux, on peut citer les moulins d’Yversay, de Villeray ou encore de Dorceau.

Qui dit cours d’eau dit également lavoirs. Certains d’entre eux avaient la particularité d’avoir un plancher ajustable en fonction de la variation de niveau des rivières : ainsi, les lavandières, à toute saison, pouvaient les utiliser.

Le Perche est également parsemé de mares, marais, étangs et tourbières. Naturels ou artificiels, ces lieux humides constituent des milieux écologiques de grande importance, notamment pour la reproduction des espèces. Ils sont les lieux de prédilection de nombreux oiseaux qui nidifient dans ces zones adaptées et tranquilles. C’est le cas des sarcelles, des filigules ou des râles d’eau. Par ailleurs, situés sur un axe de migration, ils servent d’escale ou de refuge hivernal à toutes sortes d’oiseaux migrateurs.

Chevaux de course et Percherons

L’Orne et les chevaux

Où que l’on se trouve, il n’y a pas une étendue qui n’ait quelques bêtes en liberté. Les belles prairies précédemment décrites sont un paradis pour ces animaux qui y trouvent une qualité d’herbage incomparable. On a parfois l’impression de se trouver dans un décor de film américain, traitant de la vie des pionniers et fermiers installés dans les grandes plaines… Lors des balades, il est fréquent de rencontrer des cavaliers ou des attelages. Le coin regorge de centres équestres. Les amateurs trouveront-là leur bonheur.

L‘ouest du département (appelé Suisse Normande – Nous sommes ici en dehors du Perche) est principalement spécialisé dans l’élevage des chevaux de course : les haras, dont certains de grande notoriété, s’occupent de reproduction, de  dressage et de préparation aux divers concours et courses hippiques. La très jolie ville de Bagnoles de l’Orne possède un hippodrome bien connu dans le milieu.

L
a partie Est, elle, est caractérisée par l’élevage d’un animal plus massif : le fameux Percheron, cheval emblème du Perche.
De nombreux sites présentent l’animal sous tous ses aspects. Pour faire court, c’est au moyen-âge que remontent les origines du Percheron. Les seigneurs ramenèrent de leurs voyages en Terre Sainte des étalons de races orientales qu’ils croisèrent avec les juments locales. Ils finirent par obtenir cette solide race que nous connaissons désormais, parfaitement adaptée aux multiples activités rurales.

Aujourd’hui, le Percheron est de plus en plus utilisé dans les travaux forestiers, notamment dans les activités de débardage, c’est à dire l’évacuation des troncs d’arbres du lieu d’abattage. Les avantages sont multiples, à commencer par la protection des milieux naturels et des sols en particuliers : là où les engins motorisés créent de lourds préjudices sur toute la flore, le cheval lui, accomplit sa tâche sans dégâts.

Pour en savoir plus, je vous invite à vous rendre sur le site de la SHPF, Société Hippique Percheronne de France, qui fut créée en 1883, avec pour but d’améliorer et de promouvoir la race percheronne. Le Stud-Book percheron, ouvrage de référence, répertorie toute la généalogie des chevaux percherons.