Sport et société

Enquête exclusive !!!

Bienvenue sur le blog Sport et Société !!!

Cette semaine, toute l'équipe de Sport et Société vous propose un dossier spécial :

Le sportif, héros des temps modernes ? 
Enquête sur la figure mythique du sportif...

Nos trois chroniqueurs (très) spéciaux,

Antoine G., spécialiste Football
Tiago C., spécialiste Athlétisme
Sébastien B., spécialiste Cyclisme

vous ont concocté un numéro spécial, avec :

Des portraits
Des analyses
Des dossiers culturels Cinéma et Littérature
Et même une interview exclusive

Bonne lecture !

Note : ATTENTION, ce blog comporte quatre pages : la page d'accueil sur laquelle vous êtes actuellement (page 0), la page 1, la page 2 et la page 3. Lorsque vous aurez achevé la lecture de cette page d'accueil, il conviendra de cliquer sur "1" en bas de page pour obtenir la suite des articles et non sur "2" comme l'on serait logiquement tenté de le faire.

Posté par TPE 2016 à 08:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , ,


19 février 2016

Édito

De nos jours, le monde est de plus en plus menaçant et les inquiétudes de plus en plus nombreuses pour les habitants de notre planète. Entre le chômage, la pauvreté, le terrorisme ou encore le réchauffement climatique, il est difficile pour la jeunesse d’avancer, de savoir où elle va.

La société est désespérément en quête d’un héros, d’un modèle à suivre, qui amènerait enfin un peu d’espoir. Ce héros doit être un exemple, un homme qui montre la voie vers l’avenir et qui donne envie de vivre !

Par ailleurs, le sport occupe une place de plus en plus importante au sein des médias et de nos centres d’intérêt. Les jeunes achètent les maillots de leurs idoles, mettent les mêmes chaussures qu’elles et vont les acclamer au stade.

Les sportifs apportent du rêve, poussent leurs fans à se dépasser, en se dépassant eux-mêmes.

C’est pourquoi nous sommes en mesure de nous demander si le sportif peut incarner ce héros de notre époque moderne. En effet, le sport est synonyme de passion, d’exploits, de bonheur, de légendes et même de fraternité ! C’est lui qui nous permet d’oublier, par sa beauté et son intensité, nos soucis quotidiens, nos inquiétudes et nos peurs, le temps d’un match, d’une course ou d’une compétition.

Pourtant, le sportif n’est pas toujours un exemple à suivre. Les affaires de dopage* et de corruption*, les salaires exorbitants des uns, le manque d’éducation des autres ou encore l’oubli fréquent des valeurs humaines* les plus élémentaires sont là pour nous le rappeler. Nous pouvons même nous interroger sur la vraie nature du sportif. Il est difficile de dire s’il est véritablement une référence, un modèle à imiter. 

À partir de ces deux pistes de réflexion, une question s’impose : 

Comment le sportif incarne-t-il à la fois des valeurs héroïques et les vices de la société contemporaine ?


Antoine G.

Note : les astérisques (*) à la suite d'un mot en couleur indiquent que le mot est défini dans le glossaire. Il suffit alors de cliquer sur le mot pour parvenir directement au glossaire. La couleur orange dans laquelle certains mots sont écrits indique l'existence d'un autre article de ce blog en lien avec le mot coloré. Cliquer sur ce mot vous permet d'être directement dirigé sur le message en question (complément d'information, point historique, article culturel, interview etc.) Il vous suffit ensuite de cliquer sur le bouton "précédent" de votre navigateur pour reprendre le fil de votre lecture. Certains mots colorés peuvent enfin vous diriger ves un autre blog ou site internet que nous jugeons intéressant.

Posté par TPE 2016 à 18:40 - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , , , , ,

22 février 2016

Le héros, une notion complexe !

Nous utilisons énormément le mot "héros" dans notre vocabulaire quotidien. En plaisantant ou sérieusement, pour désigner quelqu'un de réel ou quelqu'un de fictif, nous sommes régulièrement appelés à qualifier quelqu'un de "héros". Mais qu'est-ce réellement qu'un héros ? Partons découvrir les différents sens de ce mot.

Le mot "héros" possède en fait trois sens. Le premier est le sens antique, utilisé en mythologie. Wikipédia dit du héros qu'il est "un demi-dieu, un personnage légendaire, un idéal, un surhomme", tandis que le site Linternaute le définit comme "un demi-dieu, un surhomme, qui se distingue par ses actions". De son côté, le site CNRTL désigne le héros comme un "être fabuleux, la plupart du temps d'origine mi-divine, mi-humaine, divinisé après sa mort" et comme un "personnage légendaire auquel la tradition attribue des exploits prodigieux". Ces définitions du héros correspondent aux personnages mythologiques ayant accompli de grands exploits, comme par exemple Hercule et ses Douze Travaux, ou Thésée combattant le Minotaure représenté ci-dessous par le sculpteur Étienne-Jules RAMEY.

thesee-et-le-minotaure Thésée terrassant le Minotaure.

Le second sens du mot "héros" correspond à un homme existant, possédant des valeurs morales et physiques. Wikipédia évoque "une personne courageuse, faisant preuve d'abnégation" tandis que le Larousse définit le héros comme une "personne qui se distingue par sa bravoure, ses mérites exceptionnels". Linternaute évoque quant à lui une "personne qui fait preuve d'un grand courage". Enfin, le site CNRTL qualifie le héros "d'homme ou femme qui incarne, dans un certain système de valeurs, un idéal de force d'âme et d'élévation morale, qui fait preuve, dans certaines circonstances, d'une grande abnégation, ou encore qui se remarque par sa bravoure, son sens du sacrifice". Le héros décrit ici est un homme ordinaire faisant preuve de qualités morales et physiques hors du commun, qui lui confèrent un statut particulier auprès des autres hommes.

Enfin, le dernier sens du mot héros renvoie au personnage principal d'une oeuvre artistique. Le Larousse nous parle ainsi du "principal personnage d'une oeuvre littéraire, dramatique, cinématographique". Linternaute évoque une "personne qui se tient au rôle principal dans une histoire" etle site CNRTL propose la définition suivante : "principal personnage masculin ou féminin d'une oeuvre artistique". Dans ce sens-là, le mot "héros" ne désigne pas une personne ayant quelque mérite mais simplement le principal protagoniste d'une histoire.

Étymologie

Le mot "héros" provient du grec "herôs", qui signifie "demi-dieu". Le sens d'origine du mot est donc le premier que nous avons étudié, le sens mythologique. Il confère au héros une aura particulière : le héros n'est pas un humain comme les autres, il bénéficie de qualités extraordinaires qui l'élèvent au-dessus des autres hommes.

Et le héros moderne ?

De nos jours, il existe trois types de héros. On trouve le héros de fiction à la télévision, au cinéma, au théâtre ou dans les romans. Les super-héros par exemple en font partie. On admire aussi des héros tels que les sauveteurs, les pompiers ou les forces spéciales. Ces personnages sont des héros de société. Ils sont garants de notre sécurité et la population les regarde avec gratitude. Ainsi avons-nous tous admiré les policiers du RAID lorsqu'ils ont sécurisé les lieux des divers attentats du mois de novembre, lors des attentats qui ont traumatisé la France entière. Le peuple admire aussi le héros patriotique et national, comme les résistants de la Seconde Guerre Mondiale et des personnes telles que Jean Moulin.

Super-héros-Marvel2

"Les super-héros Marvel", exposition au musée Art Ludique-Le Musée

Le mot "héros" désigne donc soit un être mythologique, soit une personne réelle dotée de capacités exceptionnelles, capable à ce titre d'incarner des valeurs morales. Il est alors héros de société ou héros national. Il désigne enfin le personnage principal d'une fiction. 

Jmoulin

Jean Moulin, résistant de la Seconde Guerre Mondiale

Dans le cadre de notre Numéro Spécial, nous aurons l'occasion de nous demander si le sportif peut ou non endosser ces différentes définition modernes du héros. Le sportif apparaît en effet comme une personne réelle, dotée de qualités physiques et quelquefois morales hors du commun. Ces qualités lui permettent-elles d'incarner des valeurs et à ce titre de fédérer d'autre hommes ? Nous nous demanderons aussi si le caractère exceptionnel du sportif peut ou non lui permettre d'inspirer une oeuvre de fiction dont il deviendrait le personnage principal. 

Antoine G.

Posté par TPE 2016 à 16:36 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Du héros au sportif, un raccourci audacieux ?

Intéressons-nous donc aux liens entre le héros moderne et le sportif, en nous demandant si le sportif peut être considéré comme un héros moderne.

Le sportif incarne les trois types de héros moderne. En effet, le sportif est tout d'abord un héros de fiction. Le sport est un thème majeur utilisé pour inventer des histoires. Il existe de nombreuses histoires fictives sur le sport, comme des bandes dessinées, des romans, des dessins animés et des films. Par exemple, Galactik Football est une série télévisée d'animation qui met en scène des matches de football entre des équipes venues de planètes différentes. Dans un genre plus sérieux, ce numéro spécial, à travers nos analyses d'auteurs tels que Eric Fottorino, Jean Échenoz, Philippe Delerme, Pierre-Louis Rey, et Jean-Philippe Toussaint mais aussi à travers nos analyses des films de Jean-Jacques Annaud, Stephen Frears ou encore Angelina Jolie, vous donnera l'occasion de voir à quel point l'image du héros est présente dans les arts.

Galactik Football Les personnages de Galactik Football sont des sportifs de fiction.

Mais le sportif incarne aussi un héros de la société. En effet, il peut devenir une idole, un modèle pour les supporters et la jeunesse. Le stade de sport est progressivement devenu un champ de bataille symbolique et le sportif peut désormais être perçu comme un guerrier. Il est également une source d'inspiration, d'espoir ou de bonheur. Enfin, le sportif crée également de l'emploi et génère de l'argent. De nombreux métiers gravitent autour d'un club de sport professionnel et vont du jardinier pour la pelouse, aux kinésithérapeutes et médecins des joueurs en passant par les responsables de la boutique et de la billetterie du club par exemple.

Pour terminer, le sportif est un héros patriotique et national. Dans presque tous les sports - le football, le rugby, le tennis, le handball, le basket, le ski et les Jeux Olympiques par exemple - le sportif est amené à défendre les couleurs de sa patrie à un moment donné de la saison. Il rassemble son pays derrière lui lors des compétitions internationales, comme les Championnats du Monde, d'Europe...Il semblerait même que le sportif puisse être amené à défendre un idéal et des valeurs fortes, voire essentielles. C'est aux côtés d'Angelina Jolie, que nous serons amenés à réfléchir sur ce dernier point. 

EDF Tennis 

 

 

 

 

 

Plusieurs joueurs de tennis français réunis sous les couleurs de la France.

 

Antoine G. 

Posté par TPE 2016 à 17:51 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Les derniers défenseurs du football populaire

Alors que le football devient de plus en plus une affaire de business*, entre contrats, sponsors* et millions d'euros, certains groupes et associations continuent de lutter en faveur d'un Football Populaire*. Partons à la découverte de ces militants qui refusent de se laisser engloutir par l'argent. 

Les principales organisations à l'origine du mouvement sont les groupes de supporters dits "Ultras". Ils sont facilement reconnaissables puisque, dans les tribunes, ce sont eux qui chantent, allument des fumigènes, brandissent des drapeaux et déploient des banderoles. Les groupes dits "Ultras" possèdent chacun un nom et un symbole. Ce sont eux qui organisent les déplacements pour aller supporter leur équipe lorsqu'elle joue à l'extérieur. Les ultras se veulent financièrement indépendants du club qu'ils supportent. Leur soutien se traduit par des tifos - grandes animations visuelles réalisées généralement juste avant le coup d'envoi - par des chants - les supporters frappent dans leurs mains et agitent leurs écharpes - et par l'utilisation d'engins pyrotechniques. Les Ultras restent debout pendant toute la rencontre, occupent toujours le même emplacement dans le stade lorsque le match se déroule à domicile - emplacement souvent marqué par la présence de bâches indiquant leur nom et leur emblème - et sont menés par un "capo", homme placé face à eux et dos au terrain qui dirige les chants et animations.

Tifo BvB Tifo réalisé en 2013 par les fans du Borussia Dortmund, en Allemagne.

Tifo OM Tifo réalisé en 2015 par les supporters de l'Olympique de Marseille.

Les groupes Ultras sont très présents en France. Marseille possède ainsi les South Winners, les Yankee Nord ou encore le Commando Ultra, Saint-Étienne a les Magic Fans et les Green Angels, Bordeaux a ses Ultramarines tandis que Nantes possède sa Brigade Loire. Tous ces groupes s'opposent aujourd'hui fermement au Foot Business*. En effet, l'industrie du ballon rond brasse des millions d'euros chaque jour et les transferts de joueurs ou contrats de sponsors* atteignent des sommes de plus en plus folles. Les médias n'y sont pas étrangers, eux qui diffusent toujours plus d'images et s'arrachent les droits télé des différentes compétitions. Les Ultras veulent changer cela. Ils ne sont pas d'accord avec cette politique, qui nous mène tout droit vers un stade avec des supporters assis et silencieux. Le football doit rester un spectacle. Les groupes tentent donc de résister, notamment en dénonçant le Foot Business au moyen de banderoles. Outre leur caractère revendicatif, en mariant couleurs, slogans et musique, ces banderoles esthétisent le sport et font de chaque rencontre une fête jubilatoire qui permet aux habitants des villes auxquelles appartiennent ces clubs, de se retrouver dans une identité commune et autour de valeurs* fortes qui s'épanouissent dans des symboles portés par des mascottes. Comme la tragédie à l'époque antique, le match de football devient ce lieu de culture commune où les Ultras communient dans la même émotion. 

Banderole Lens Les supporters du Racing Club de Lens protestent contre le foot business.

Mais loin de changer les choses, cette résistance a amené la répression. Désormais, les instances du football et les forces de l'ordre voient les Ultras comme des ennemis. Les interdictions de déplacement se multiplient - les supporters sont parfois interdits d'aller supporter leur équipe à l'extérieur - et les fumigènes sont maintenant prohibés. Les affrontements entre policiers et supporters deviennent fréquents. Les fans du Paris Saint-Germain sont un exemple parfait de cette répression. En 2010, alors que le club de la capitale, emmené notamment par le groupe Supras Auteuil, possède l'une des meilleures ambiances de France, le président Robin Leproux instaure un plan de sécurité et dissout les groupes Ultras parisiens. Ce plan porte atteinte aux libertés les plus fondamentales de l'homme : les supporters parisiens sont fichés sur une liste noire sans même le savoir, en plus d'être surveillés et censurés. Le PSG est ensuite racheté par le Qatar, qui marque l'arrivée du foot business en France, et depuis, le stade parisien est silencieux, tout le monde est assis et plus personne ne chante. 

Tifo PSG Voici ce à quoi l'on pouvait assister au Parc des Princes avant la répression.

À l'occasion du match Saint-Etienne - Paris, il y a quelques semaines, en janvier 2016, les supporters stéphanois ont décidé d'apporter leur soutien aux ultras parisiens déchus, en dénonçant via des banderoles la répression et la politique menées par le PSG. 

Banderole ASSE "Argent sale accepté, libertés bafouées, classes populaires écartées, bienvenue au PSG"

Banderole ASSE (2) "Le temps d'un match pour leur montrer que notre passion est plus forte que leur répression"

En outre, certains Ultras stéphanois ont créé une association nommée "Lutte pour un Football Populaire". Fondée en septembre 2013, cette association a pour but de résister à la répression en défendant les droits des supporters et leurs libertés. Par exemple, lorsqu'un arrêté préfectoral interdisant un déplacement est publié, "Lutte pour un Football Populaire" proteste devant la justice, pose un recours et tente de faire annuler la décision. Mais c'est bien souvent peine perdue, car les arrêtés sont généralement officiellement publiés la veille de la rencontre.

Enfin, il existe un site nommé "Foot Populaire" - à l'adresse footpopulaire.wordpress.com - qui se fait porte-parole de la lutte contre le Foot Business. Le rédacteur, bien qu'inactif depuis début 2014, a écrit des articles sur des combats menés par certains supporters partout en Europe. Son but était d'expliquer ces combats et de rallier certains lecteurs à la cause du foot populaire. 

Toutes ces personnes engagées contre le Football Business incarnent de belles valeurs morales. En effet, en refusant de se laisser consumer par l'argent brassé par le monde du ballon rond, les Ultras et autres groupes indépendants font preuve de courage. Ils n'hésitent pas à clamer et à défendre leurs opinions malgré la répression. En outre, nous pouvons être sûrs qu'ils continueront leur combat éternellement s'il le faut. Le football est avant tout un spectacle, et l'ambiance du stade fait partie de ce spectacle. L'enthousiasme des Ultras et leur créativité sans limite marquent bien l'héroïsation de ces joueurs de football qui les font rêver. Les chants, les couleurs, les drapeaux, les chorégraphies sacralisent l'instant footbalistique et ne sont pas sans rappeler les bannières jadis brandies par les chevaliers pour ranger les vassaux convoqués pour le combat, les étendarts déployés par les soldats désireux de défendre leur roi ou encore les chants de guerre, destinés à encourager ses proches. Un match sans tifo ni supporters debouts prêts à se casser la voix en tribunes n'est pas un vrai match. En résistant au Football Business, les ultras l'ont bien compris. Ils sont un modèle de détermination. 

Antoine G.

Posté par TPE 2016 à 18:13 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,


Javi Poves, le courageux rebelle espagnol

Cela fait maintenant quatre ans que Javier Poves Gomez a décidé de mettre un terme à sa carrière de footballeur professionnel, déçu et révolté par le monde du foot. 

À l'époque, le jeune espagnol avait ouvertement critiqué l'univers du ballon rond et ses coulisses, avant d'annoncer qu'il tournait le dos à ce milieu. Depuis, Javi Poves a voyagé et découvert le monde. Il a défendu ses idées aux quatre coins de la planète et n'est jamais revenu sur sa décision.

Portrait d'un homme qui n'a pas froid aux yeux.

"Plus tu connais le football, plus tu te rends compte que tout n'est qu'argent, que c'est pourri, et tu perds un peu tes illusions. Le football professionnel n'est qu'une affaire d'argent et de corruption. C'est du capitalisme, et le capitalisme, c'est la mort. Je ne veux pas faire partie d'un système où les gens gagnent de l'argent grâce à la mort d'autres gens, en Amérique du Sud, en Afrique, ou en Asie." Le 9 août 2011, dans les colonnes du quotidien espagnol El Pais, Javi Poves ne mâche pas ses mots au moment d'évoquer le monde du football. Défenseur au Sporting Gijon, en Espagne, le jeune joueur de 24 ans annonce dans la foulée la fin de sa carrière. Ses propos font beaucoup de bruit de l'autre côté des Pyrénées. En effet, Javi Poves dévoile l'existence d'un univers caché, jusque-là inconnu du grand public, et ces révélations sont susceptibles de changer le regard de nombreux fans de football sur leur sport préféré. Quoi qu'il en soit, le désormais ex-footballeur rompt son contrat avec le Sporting, peu après avoir demandé que son salaire lui soit versé en liquide, pour ne pas alimenter la spéculation bancaire. Quelques mois plus tôt, il avait déjà refusé la voiture que lui offrait le club. Javi Poves s'impose donc comme un modèle de courage et de détermination, puisqu'il choisit de renoncer à un salaire et à un mode de vie confortables dans le but de défendre pleinement ses idées. À la suite de ces déclarations fracassantes, il annonce aussi qu'il quitte l'Espagne et qu'il part "connaître le monde comme il est vraiment".

Le jeune homme prend tout d'abord la direction du Sénégal. Il visite ensuite la Sibérie, avant de rejoindre Cuba, tenté par le régime de Fidel Castro. Il y découvre l'hypocrisie d'une société qui ne s'intéresse qu'à l'argent des touristes. Déçu, il part pour le Venezuela, où il est séduit par les idées d'Hugo Chavez. Mais, alors qu'il a enfin trouvé un régime politique correspondant à ses attentes, il choisit de continuer son tour de monde, en direction de l'Iran. Là-bas, il se convertit à l'Islam et adhère au modèle de société iranien. Javi Poves redonne finalement signe de vie en 2013, en accordant une interview à la Cadena SER, une radio espagnole. Il attaque une nouvelle fois le monde du ballon rond en expliquant que ses anciens partenaires "ne pensaient qu'à l'argent et aux femmes". De retour en Espagne, il retrouve les terrains en août 2014 et s'engage avec l'Union Deportiva San Sebastian, pensionnaire de troisième division. Loin du haut niveau qu'il avait quitté trois ans auparavant, il retrouve le football qu'il aime, sans véritable enjeu ni salaire exorbitant. En effet, son poste à l'UD Sanse "ne lui permettrait même pas de payer ses chaussettes". Il quitte cependant le club quelques mois plus tard, en décembre 2014, et disparaît de la circulation. Javi Poves refait surface en avril 2015. Il déclare alors, toujours à la Cadena SER, qu'il recherche une vie plus tranquille. Il tient aujourd'hui un petit café en plein centre de Madrid. Le rebelle s'est calmé et regarde vers l'avenir. Il continue d'assumer ses décisions et ses idées, mais réfléchit désormais beaucoup plus posément.

Javi Poves Javi Poves en 2010.

L'ex-joueur espagnol incarne de fortes valeurs morales* par son désir de ne plus appartenir à un milieu favorisé profitant des personnes en difficulté. Il n'a pas hésité à dénoncer l'univers du football, malgré les répercussions que ses propos ont pu avoir. Il a beau être influençable et naïf, il a eu le mérite de refuser le mode de vie confortable qui s'était offerte à lui. Héros des temps modernes, Javi Poves est un homme unique, ayant marqué le paysage du football par son désir d'indépendance.

Antoine G

Bio express Javi Poves :

- Nom complet : Javier Poves Gomez

- Date de naissance : 28 septembre 1986

- Poste : Défenseur

- Parcours : Sporting Gijon B (2008-2010, 63 matches, 2 buts) ; Sporting Gijon (2010-2011, 1 match, 0 but) ; UD San Sebastian (août 2014-décembre 2014)

- Principaux pays visités : Sénégal, Sibérie, Cuba, Venezuela, Iran.

- Autres pays visités : Mexique, Brésil, Argentine, Cambodge.

Posté par TPE 2016 à 18:39 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , , ,

Les footballeurs s'engagent...

Alors que le racisme* et autres discriminations* se font malheureusement de plus en plus présents dans le monde du football, certains joueurs ont décidé d'agir. Associations caritatives, publicités, photos, vidéos, évènements, tous les moyens sont bons pour lutter en faveur de la bonne cause. Les footballeurs se servent de leur image et de leur célébrité pour toucher et sensibiliser le plus de personnes à travers le monde. De Lionel Messi à Cristiano Ronaldo en passant par Didier Drogba et Daniel Alves, retour sur ces joueurs qui n'ont jamais hésité à s'engager.

L'un des moyens les plus simples pour faire passer une information est tout d'abord de la diffuser à la télévision. En effet, une majeure partie de la population mondiale possède aujourd'hui un téléviseur et pourra ainsi recevoir le message. C'est pourquoi l'UEFA (Union of European Football Associations, soit l'Union des Associations Européennes de Football) a publié en 2013 une publicité mettant en scène les meilleurs joueurs de la planète en train d'affirmer "Non au racisme" dans leurs langues respectives. Le réalisateur du spot publicitaire propose une succession de visages de toutes les ethnies prononçant dans des langues différentes les mêmes paroles de refus du racisme. Ce plan unique et sobre permet de placer au même niveaux de nombreux footballeurs différents, plus ou moins célèbres, mais qui finalement se ressemblent beaucoup. Cette vidéo a touché de nombreux fans de ballon rond et a grandement contribué à la lutte contre le racisme dans le football.

Présents dans cette publicité, le portugais Cristiano Ronaldo et l'argentin Lionel Messi se sont également distingués grâce à plusieurs actions en faveur d'associations caritatives*. Élu "sportif le plus généreux de la planète" en 2015, le premier a récemment offert 83 000 dollars afin de payer l'opération au cerveau d'un jeune enfant de 10 ans. Il a aussi donné 165 000 dollars à un centre de recherche contre le cancer au Portugal et prête régulièrement son image à des associations caritatives. Son homologue argentin a quant à lui offert 450 000 € à l'UNICEF pour l'opération "Un Soleil pour les Enfants" ou encore 600 000 € afin de réaliser des travaux dans hôpital pour enfants à Rosario, en Argentine.

Lionel Messi a également choisi, comme plusieurs autres footballeurs, de créer sa propre fondation à but caritatif. Avec sa famille, il a fondé en 2007 la Fundación Leo Messi, dont l'objectif est de venir en aide aux enfants les plus vulnérables en favorisant leur accès à l'éducation et aux soins. De son côté, l'attaquant ivoirien Didier Drogba a créé, toujours en 2007, la Fondation Didier Drogba, dans le but d'agir en faveur de l'éducation et de la santé en Afrique. L'une des prorités de cette fondation est de construire plusieurs hôpitaux en Côte d'Ivoire. Le premier de ces hôpitaux a d'ailleurs été inauguré en avril 2015, à Abidjan. 

Hôpital Drogba Le tout premier hôpital Didier Drogba, à Abidjan.

Les matches caritatifs sont un autre moyen de lutter pour la bonne cause. Il s'agit de rencontres sans enjeu, réunissant les joueurs les plus prestigieux afin d'attirer un grand nombre de spectateurs. La 12e édition du Match contre la Pauvreté a ainsi eu lieu le 20 avril 2015 à Saint-Etienne. Le Match contre la Pauvreté est organisé tous les ans depuis 2003 par le français Zinédine Zidane et le brésilien Ronaldo, deux anciens footballeurs de renommée mondiale. L'édition de 2015 a opposé une sélection All-Stars de l'AS Saint-Etienne à une équipe composée de stars internationales et emmenée par Zidane et Ronaldo. 33 913 spectateurs ont assisté à la rencontre et ont permis de rapporter 370 000 € aux victimes de l'épidémie due au virus Ébola ainsi qu'à l'association caritative ASSE Coeur-Vert. Pour l'anecdote, c'est la sélection stéphanoise qui s'est imposé sur le score de 9-7.

Match caritatif ASSE Le 12ème Match contre la Pauvreté a été une réussite.

Lionel Messi a quant à lui effectué une tournée de matches caritatifs lors de l'été 2013, en Amérique du Sud et du Nord. L'argentin a disputé avec son équipe, nommée "Les amis de Messi", une série de rencontres caritatives, à Medellin (Colombie), Lima (Pérou), Los Angeles (USA) et Chicago (USA). 

Match caritatif Messi-Neymar Lionel Messi a notamment affronté son coéquipier brésilien Neymar.

Enfin, de simples gestes peuvent parfois devenir des symboles de la lutte contre les discriminations. Par exemple, en 2014, lors d'un match de championnat espagnol, le joueur de Barcelone Daniel Alves a reçu une banane venue des tribunes alors qu'il s'apprêtait à tirer un corner. Pour répondre à ce geste raciste, le brésilien s'est penché, a ramassé le fruit puis l'a mangé. Cette réaction intelligente et audacieuse a immédiatement "enflammé" les réseaux sociaux et a été visionnée des milliers de fois autour de la planète. Le supporter ayant lancé la banane a ainsi été couvert de ridicule. Le geste est devenu un symbole de la lutte anti-racisme et a inspiré la campagne de solidarité "Somos todos macacos" ("nous sommes tous des singes" en espagnol). Cette campagne a été lancée après le match par Neymar et consistait à se prendre en photo en mangeant une banane, afin de tourner encore un peu plus l'auteur du lancer de banane en ridicule.

Dani Alves a donc su réagir avec beaucoup d'humour à un geste pitoyable. Le défenseur barcelonais a déclaré plus tard : "Cela fait 11 ans que je suis en Espagne et depuis 11 ans, c'est pareil. Il vaut mieux rire de ces attardés. On ne va pas réussir à changer ça donc il faut prendre les choses en riant et se moquer d'eux." C'était sans doute la meilleure des réponses possibles.

Les footballeurs font donc des efforts pour combattre à la fois les nombreuses discriminations présentes dans le monde du ballon rond et à la fois le manque d'éducation et d'accès aux soins partout dans le monde. Ils ont beau gagner beaucoup d'argent et paraître parfois arrogants ou prétentieux, certains d'entre eux n'hésitent pas à se servir de leur image ou de leur salaire pour lutter en faveur d'une cause juste et utile. Les joueurs de foot incarnent ainsi des valeurs solidaires. À ce titre, on peut les considérer comme des héros : leurs qualités extraordinaires sont mises au service des plus faibles, mais aussi de valeurs humanistes qui promeuvent l'égalité entre tous les hommes.

Antoine G. 

Posté par TPE 2016 à 18:49 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

23 février 2016

Le courage face à l'oppression

Quittons un moment le monde du football pour nous intéresser à celui l'athlétisme...

Si, comme nous venons de le voir, les footballeurs et leurs supporters s'opposent en nombre à la misère et au racisme, l'athlète, lui, est seul dans l'arène pour porter des couleurs de son pays et de ses convictions. Parvient-il à trouver les moyens de faire porter sa voix solitaire ?

Parmi les principaux Jeux Olympiques* ayant marqué les esprits, l’histoire retiendra sûrement ceux de 1936. En effet, alors que Hitler*, au pouvoir depuis 1933 dans une Allemagne désormais nazie, prône la supériorité de la race aryenne et établit une dictature totalitaire, un valeureux athlète américain à la peau noire, Jesse Owen, défie le Chancelier en remportant trois médailles d’or. Ce dernier, furieux de voir Jesse Owen devancer son favori, le bel aryen Lutz Long, dont l'amitié indéfectible pour Jesse Owens exaspère le Führer, quitte sa loge avant la remise des médailles.

Trente-deux ans plus tard, deux autres athlètes choisissent à leur tour de s’opposer à la ségrégation américaine en brandissant un point ganté de noir au moment de monter sur le podium. Il s'agit de John Carlos et Tommie Smith.

luz_jesse

Jesse Owen et Luz Long. Dans The Completebook of the Summer Olympics, David Wallechinsky rapporte que Luz Long fut le premier à féliciter Owens après sa victoire au saut en longueur. Au sujet de son amitié avec Lutz, Owens écrit : "On peut fondre toutes les médailles et les coupes que j'ai gagnées et elles ne seraient que du plaqué en comparaison avec l'amitié 24 carats que j'ai ressentie pour LuzLong à ce moment-là."

Retour en détail sur ces actes courageux

Jesse Owens, athlète des Olympiades de Berlin en 1936, remporte quatre médaille dorées. Il remporte aisément sa série qualificative en 10,3 s., devançant de sept mètres le japonais Sasaki aux 100 m. Quelques heures plus tard, il bat son propre  record de une seconde, mais le vent, trop favorable - il atteint les 2,3 m. par seconde alors que la limite maximale autorisée est de 2 m. par seconde - empêche la validation de ce temps. Il obtient aussi l’or en saut en longueur, au 200 mètres et au relais 4 x 100 m.

On a beaucoup glosé sur l'histoire des victoires de Jesse Owens. Dans cette période douloureuse, les sensibilités sont exacerbées et il est tentant de faire de chaque victoire un acte héroïque. Contrairement à ce qui a pu être dit, Adolph Hitler n'a pas demandé au public de huer Owens lors de ses réussites. Le Führer n'a pas non plus refusé de serrer la main de Owens. L'Allemagne n'a pas été insultée par cette victoire. Au contraire, les allemands faisant partie du public étaients ravis de voir la réalité tenir tête à l'idéologie. Le journaliste français Weber rétablit la vérité dans son article sur Jesse Owens et raconte que les allemands ont acclamé l'athlète de tous leurs poumons. Jesse Owens, de son côté, a eu le triomphe modeste. Face au Führer, pas de réaction débordante : il se contente de saluer Hitler de la tête. Le président Roosevelt, en revanche n'a pas contacté Owens pour le féliciter. Il ne lui a pas envoyé aucun télégramme, comme c'est l'usage pour féliciter un atlhète de la délégation nationale.

Ainsi se plait-on parfois à réécrire l'histoire pour la rendre encore plus belle. De nos jours Owens demeure néanmoins une légende. Il symbolise l'humble victoire des minorités, sur ceux qui se prétendent des surhommes.

Jesse-Owens


Qu'en est-il des coureurs Tommie Smith et John Carlos ?

Trente-deux années ont passé.
16 octobre 1968, Jeux Olympiques de Mexico, remise des médailles du 200 m.
Trois athlètes s'apprêtent à vivre un moment historique : ils vont protester avec insolence contre la ségrégation raciale en vigueur dans leur pays.

Juste avant de monter sur le podium, les deux coureurs américains retirent leurs chaussures pour souligner la pauvreté de la communauté noire. Smith porte un foulard noir, qui rappelle les lynchages des sudistes. Sous le maillot ouvert de Carlos, on peut voir un collier noir, qui rappelle la condition d'esclave du peuple noir. Lorsqu'ils montent sur le podium, Smith et Carlos lèvent le poing en signe de protestation contre les injustices dont sont victimes de nombreux américains à cause de leur seule couleur de peau. Les deux athlètes gardent la tête baissée pendant tout le temps que résonne dans le stade l'hymne américain. Symboliquement, les deux athlètes marquent le fait qu'ils ne sont pas considérés dans leur pays comme des américains à part entière, à égalité avec tant d'autres qui eux, ont la peau claire. En effet, à cette époque, la ségrégation* bat son plein aux Etats-Unis. Depuis de nombreuses années, la communauté noire lutte pour obtenir des droits équivalents à ceux de la communauté blanche. L'assassinat du pacifiste Martin Luther King le 4 avril 1968 a créé des tensions et a plongé les États-Unis dans un climat de violence.

Pourtant, les deux coureurs à la peau noire n'ont pas peur, ce qui n'empêche pas cet acte de bravoure héroïque d'être tristement sanctionné. Suite à ce geste, les deux athlètes sont en effet forcés de quitter les Olympiades. Ils perdent leurs médailles et seront privés de Jeux Olympiques à vie. Ainsi en a décidé le président du CIO, Avery Brundage.

Aujourd'hui, cet acte courageux est considéré comme héroïque. Des gymnases portent le nom des deux coureurs américains. À l'université de San José, une statue rappelle ce geste courageux.

SmithCarlosMexico

Podium du 200 m. - JO de Mexico (1968)

La troisième personne se tenant debout sur ce podium est l'australien Peter Norman. Lorsque les deux athlètes américains exposent à Norman leur projet, celui-ci leur aurait répondu ces quatre mots : "I'll stand by you" (Je serai à vos côtés). Au moment de monter sur le podium, Smith réalise qu'il a oublié sa paire de gants. C'est Norman qui a l'idée de proposer aux deux athlètes noirs de prendre chacun un gant, le droit pour Tommie Smith et le gauche pour John Carlos. À son retour en Australie, Norman est à son tour sanctionné par un bannissement de deux ans. Il a en effet porté avec fierté le badge Olympic Project For Human Rights, (Projet Olympique pour les Droits de l'homme, ou OPHR), qui marque son désacord avec la ségrégation raciale pratiquée aux États-Unis.

D'autres athlètes noirs-américains tel que Lee Evans, Larry James ou Ronald Freeman, relayeront ce geste pendant ces JO historiques.

Après la mort de Norman en 2006, les deux coureurs Tommie Smith et John Carlos se rendent à  son enterrement. Ce sont eux qui portent le cercueil.

Coffin of Norman

Tommie Smith à gauche et John Carlos à droite, lors de l'enterrement de Peter Norman

Ces évènements resteront dans l'histoire comme le "Black Power Salute", en référence au Black Power, terme qui recouvre les positions des divers mouvements qui dans les années 1960 et 1970, luttent contre la ségrégation raciale aux États-Unis.

Ainsi, à 25 ans, ces trois athlètes marquent-ils l'histoire du sport, mais aussi l'Histoire tout court, en permettant à la cause des noirs d'avancer. S'ils ont payé très cher leur courage, ils sont aujourd'hui devenus des héros, modèles incontestés de toute jeunesse qui a foi en l'égalité de chaque homme.

Tiago C.

1968 Olympics 100m & 200m (Black Power Salute)

Posté par TPE 2016 à 12:10 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,

Zinédine Zidane, l'homme aux deux visages

Il en a ébloui certains, il en a déçu d'autres. Double buteur en finale de la Coupe du Monde 1998 puis auteur d'un célèbre "coup de boule" sur un adversaire en finale de celle de 2006, Zinédine Zidane a laissé à la fin de sa carrière un sentiment mitigé aux fans de football. Sauveur de toute une nation un jour, il a quitté le terrain la tête basse huit ans plus tard, expulsé par l'arbitre. Son talent ne sera néanmoins jamais remis en cause.

Voici l'histoire de l'un des plus grands joueurs que le football français ait connu.

Zinédine Zidane commence sa carrière de footballeur à Cannes, où il dispute son premier match avec l'équipe professionnelle en 1989. En 1992, après plusieurs bonnes performances, il rejoint Bordeaux. Grâce à de nombreux buts et plusieurs passes décisives, il gagne le surnom "Zizou", qui deviendra célèbre les années suivantes. Zidane se fait remarquer par plusieurs clubs européens et signe en Italie, à la Juventus, en 1996. Là-bas, il s'impose comme l'un des meilleurs joueurs du monde. Décisif à de multiples reprises, il étoffe son palmarès en remportant de nombreux trophées. Il reçoit par ailleurs le Ballon d'Or, considéré comme la plus prestigieuse des distinctions individuelles. En 2001, il rejoint le Real Madrid, en Espagne, pour un montant astronomique de 75 millions d'euros. Il y terminera sa carrière, en étant notamment une fois champion d'Espagne (2003) et une fois champion d'Europe (2002). 

En sélection, il est convoqué pour la première fois avec l'Equipe de France en 1994. Il dispute ensuite la Coupe du Monde 1998 en tant que titulaire. Expulsé lors du deuxième match de poule face à l'Arabie Saoudite, il revient pour la fin de la compétition et offre le titre aux Bleus en marquant deux buts en finale contre le Brésil. Deux ans plus tard, "Zizou" et les Tricolores remportent le Championnat d'Europe 2000. Enfin, à la Coupe du Monde 2006, il parvient jusqu'en finale, où il ouvre le score avant d'être expulsé pendant les prolongations. Sans lui, l'Equipe de France s'incline aux tirs au but. C'est sur cette défaite et ce carton rouge que Zidane met fin à sa carrière.

Considéré comme un héros national en 1998, Zinédine Zidane a terminé sa belle carrière sur un très mauvais geste en 2006. Ces deux aspects de son parcours laissent planer plusieurs interrogations. "Zizou" est-il un héros ou au contraire un personnage critiquable ? Comment a-t-il pu basculer d'une extrémité à une autre en seulement huit ans ? Quel regard devons-nous porter sur sa carrière ? Pour répondre à ces question, il nous faut remonter au 12 juillet 1998. La France attend toujours son premier titre de championne du monde et c'est Zidane qui va lui offrir, en marquant deux buts de la tête face au Brésil. Le pays est en fête, tout le monde est heureux, et le meneur de jeu est immédiatement érigé en légende. Le soir de la victoire, son image est projetée sur l'Arc de Triomphe et de nombreux français chantent "Zizou Président !". À ce moment-là, tout va bien pour lui : il est le héros qui a rassemblé les Français.

Arc de Triomphe ZZ Le visage de Zidane s'affiche sur l'Arc de Triomphe le 12 juillet 1998.

Huit ans plus tard, en 2006, emmenée par son Zidane national, l'Équipe de France se retrouve de nouveau en finale de la Coupe du Monde. Mais c'est une tout autre issue qui attend les Bleus cette fois. Pourtant, "Zizou" ouvre le score en tout début de match d'un superbe geste sur penalty. Il entre ainsi un peu plus dans la légende. Cependant, l'Italie égalise un peu plus tard et oblige la France à disputer des prolongations, pendant lesquelles tout va basculer. Au duel avec l'italien Materazzi, Zidane échange quelques mots avec son adversaire avant de lui asséner un coup de tête monstrueux dans le torse. Il reçoit donc un carton rouge qui l'exclut du match et ses partenaires s'inclinent lors de la fatidique séance de tirs au but. Lorsque l'on regarde la scène en direct, on s'aperçoit que les commentateurs français sont effondrés et l'on imagine aisément qu'il en est de même pour tous les supporters français.

Comme le dit le commentateur, Zidane n'a pas à faire ce geste, quels que soient les mots que lui ait glissés Materazzi auparavant. Pour son tout dernier match, en finale de la Coupe de Monde, alors que des milliers d'enfants le regardaient avec passion et fierté, il donne une très mauvaise image du football. Quelle tristesse de voir la carrière d'un si grand joueur s'achever sur ce geste terrible ! "Il nous a fait tant rêver..." se lamentent en direct les présentateurs, alors que Zizou retire son brassard de capitaine pour sortir définitivement du stade.

Il se peut que ce coup de tête ait fait oublier tout le reste de la belle carrière de Zidane. Il a en tout cas inspiré beaucoup d'artistes. À partir de ce geste tragique, Adel Abdessemed, un artiste franco-algérien, réalise une sculpture nommée Coup de Tête.

Sculpture Zidane Le geste fatal de "Zizou" représenté en sculpture.

Dans son livre La Mélancolie de Zidane, Jean-Philippe Toussaint dit de ce coup de tête qu'il "fera oublier tout le reste, la fin du match et les prolongations, les tirs au but et le vainqueur, geste décisif, brutal, prosaïque et romanesque : un instant d'ambiguïté parfait sous le ciel de Berlin". Jean-Philippe Toussaint donne une dimension presque poétique à ce geste. Il tente aussi de l'expliquer ; le premier motif "est lié à la tristesse de la fin annoncée, à l'amertume du joueur qui dispute le dernier match de sa carrière et ne peut se résoudre à finir". La seconde raison "est l'envie d'en finir au plus vite, l'envie, irrépressible, de quitter brusquement le terrain et de rentrer aux vestiaires, car la lassitude est là, soudain, incommensurable (...) Zidane ne parvient pas à marquer, il n'en peut plus de ses partenaires, de ses adversaires, il n'en peut plus du monde et de soi-même. (...) Incapable de marquer un but, il marquera les esprits". Jean-Philippe Toussaint fait ressortir un motif quasiment philosophique en pointant un mélange de fatigue et de frustration. Zidane est impuissant, Zidane est las - d'où le titre La Mélancolie de Zidane - alors Zidane donne un coup de tête à son adversaire.

Ainsi, Jean-Philippe Toussaint, spectateur du "coup de tête de Zidane" ne peut se résoudre à n'y voir que le résultat d'une simple rivalité de joueurs de foot, brutes fatiguées par les matches d'une longue compétition. Il cherche à donner du sens à ce geste incompréhensible, qui vient anéantir des années d'héroïsme. Alors, le carton rouge de l'arbitre, brandi vers Zidane devient "le carton noir de la mélancolie"Si Zidane s'abaisse à frapper, de la tête, certes, mais avec toute la force et la violence possible de son corps contre un autre corps, c'est uniquement parce qu'il a "été rattrapé par les divinités hostiles de la mélancolie." Rien de moins. 

Ce célèbre "coup de boule" a été très médiatisé. Après coup, "Zizou" s'est excusé "auprès des millions d'enfants qui ont pu voir ce geste" mais a déclaré "ne pas regretter ce geste car cela voudrait dire que Materazzi avait raison". En effet, selon Zizou, Materazzi l'aurait provoqué à de multiples reprises au cours du match, allant même jusqu'à insulter sa soeur. De quoi se questionner encore un peu plus sur l'ambivalence de son personnage.

Nous pouvons donc dire que Zinédine Zidane possède deux visages. Son premier visage est celui de héros national, lorsqu'en 1998, il offre la Coupe du Monde à la France, incarnant ainsi un modèle pour le pays entier. Tout le pays se réjouit, réuni derrière un seul homme. Sa seconde apparence est celle d'un homme cristallisant la plupart des vices du monde du football d'aujourd'hui, entre la brutalité et le manque de lucidité. Malgré tout, on ne pourra jamais remettre en question le talent et la carrière d'un homme, qui, du héros à la brute, a su inspirer des artistes tels que le sculpteurAdel Abdessemed et le romancier Philippe Toussaint.

Antoine G.

Bio express Zinédine Zidane : 

Nom complet : Zinédine Yazid Zidane

Date de naissance : 23 juin 1972

Poste : Milieu de terrain offensif

Parcours en club : Cannes (1988-1992, 71 matches, 6 buts) ; Bordeaux (1992-1996, 176 matches, 39 buts) ; Juventus (1996-2001, 214 matches, 31 buts) ; Real Madrid (2001-2006, 231 matches, 49 buts)

Parcours en sélection : 108 sélections et 31 buts en Equipe de France (1994-2006)

Palmarès en club : 2 Coupes Intertoto (1 Bordeaux + 1 Juventus) ; 2 Supercoupes de l'UEFA (1 Juventus + 1 Real) ; 2 Coupes intercontinentale (1 Juventus + 1 Real) ; 2 titres de champion d'Italie, 1 Supercoupe d'Italie (Juventus) ; 1 titre de champion d'Espagne, 2 Supercoupes d'Espagne, 1 Ligue des Champions (Real)

Palmarès en sélection : Coupe du Monde 1998, Championnat d'Europe 2000

Palmarès individuel : Ballon d'Or 1998


Bio express Jean-Philippe Toussaint : 

Date de naissance : 29 novembre 1957

Nationalité : Belge

Activité : Romancier et réalisateur

Oeuvres principales : La Salle de Bain (1985), Fuir (2005), La Vérité sur Marie (2009) 

Posté par TPE 2016 à 14:07 - - Commentaires [1] - Permalien [#]
Tags : , ,

Les légendes du cyclisme

Laissons maintenant Zidane à sa mélancolie, pour nous intéresser aux qualités et aux aptitudes exceptionnelles de nos sportifs...

Le sportif se distingue des autres par ses qualités et aptitudes hors du commun. Chaque sport a ses légendes et le cyclisme ne fait pas exception à cette règle. Nous vous présentons ici quelques cyclistes qui ont marqué leur époque. Grâce à leurs records, ils incarnent des valeurs fortes : persévérance, goût de l'effort, dépassement de soi.

Eddy Merckx Eddy Merckx.

Eddy Merckx, de son nom complet "Le Baron Édouard Louis Joseph Merckx", est un cycliste belge né le 17 juin 1945 d'un père passionné de cyclisme. À l'âge de douze ans, il s'achète son premier vélo, grâce aux pourboires reçus lorsqu'il aide ses parents qui tiennent une épicerie. Il est cycliste professionnel de 1965 à 1978.

Il remporte 625 courses au cours de sa carrière, ce qui représente un record. Il gagne notamment  cinq Tours de France, cinq Tours d'Italie, trois championnats du monde en ligne, un Tour d'Espagne, le record de l'heure et trente-et-une victoires dans les classiques. Suite à ses performances, on le surnomme « Le Cannibale » ou « L'Ogre de Tervuren » à cause de son insatiabilité. Chaque victoire en appelle en effet une autre pour cet incoyable coureur. Il est élu Meilleur Cycliste du XXe Siècle par l'Union Cycliste Internationale. Selon Philippe Miserez, médecin du Tour de France dans les années 1970, « lors des visites d'après-Tour, ce n'est pas Merckx qui a la fréquence cardiaque la plus lente, la meilleure capacité pulmonaire, et ce n'est pas lui non plus qui a la meilleure VO2max… Merckx est simplement celui qui sait aller le plus loin dans la douleur ».

De 1969 à 1975, Eddy Merckx domine le cyclisme international en remportant quasiement toutes les courses dans lesquelles il est engagé, quelle que soit leur importance. En 1975, sa dernière grande année, il est victime d'une agression par un spectateur qui lui assène un coup de poing dans l'ascension du Puy de Dômes, alors qu'il s'apprête à remporter son 6e Tour de France. Il ne se remettra jamais vraiment de cette aventure traumatisante.

Physiquement, Eddy Merckx est très grand et très léger : 1,84 m. pour 69 à 72 kg. C'est surtout un sportif doté d'une volonté immense, qui ne craint pas la douleur -il subit plusieurs chutes graves-. C'est ausi un coureur humble et discret, désireux de protéger sa vie privée.

Eddie Merckx a été reconnu positif aux tests de dopage trois fois durant toute sa carrière. Après sa retraite sportive en 1980,  Eddy Merckx crée sa marque de vélos, « Eddy Merckx Cycles ». Il dirige l'entreprise pendant trente ans, et la revend en 2008 au fonds d'investissement Sobradis. Il demeure actionnaire minoritaire et actif en tant qu'« ambassadeur » de la marque 11.

Eddy Merckx a été sélectionneur des équipes de Belgique masculines élites sur route et en cyclo-cross de 1986 à 1997, année au début de laquelle il démissionne.

Il a été élu administrateur du Comité Olympique et Interfédéral belge (COIB) en 1989. Il en devient vice-président en 1996. Non reconduit à ce poste en 2001, mais demeurant administrateur, il en démissionne en 2001. En 2005, il réintègre le Comité après l'élection à la présidence de Pierre-Olivier Beckers, qu'il a soutenu. Merckx devient membre du comité de gestion et président du Comité de développement du sport belge (CDSB).

Jusqu'en 2004, il organise aussi le « Grand Prix Eddy Merckx », une course contre-la-montre autour de Bruxelles qui réunit quelques-uns des meilleurs spécialistes de la discipline.

Malgré sa discrétion, Eddy Merckx est un sportif très populaire. Son nom est évoqué dans le film Les Aventures de Rabbi Jacob, avec Louis de Funès, dans des albums de Boule et Bill et d'Astérix et dans une chanson de Jacques Higelin.

 

Raymond Poulidor

raymond-poulidorRaymond Poulidor

Surnommé "Poupou" par ses très nombreux fans, Raymond Poulidor est un cycliste français né en 1936. Célèbre pour n'avoir jamais gagné le Tour de France malgré sa vaillance, ni même été porteur un seul jour du célèbre "Maillot Jaune", Raymond Poulidor est pourtant le cycliste qui à ce jour détient le plus grand nombre de podiums dans cette course prestigieuse.

Revenons un peu sur la carrière de celui qu'on a injustement souvent nommé "l'éternel second".

Poulidor découvre le monde du cyclisme en accompagnant ses frères aînés à des courses. Abonné par son instituteur au magazine Miroir Sprint, il commence à s'entraîner en cachette pour épargner sa mère qui juge ce sport dangereux. Durant l'hiver 1958, il gagne la première course à laquelle il prend part, devançant de 8 minutes le cycliste professionnel Roger Buchonnet. Il impressionne par conséquent Bernard Gauthier, un autre cycliste professionnel, qui l'encourage à poursuivre dans une carrière professionnelle.

Lors de sa carrière profesionnelle, Poulidor est une légende née d'exploits inachevés et d'infortunes rencontrées dans le Tour de France. Il entre dans la légende en tant "qu'éternel second" du Tour de France à cause de ses confrontations avec Jacques Aquetil dans les années 60 et avec Eddy Merckx dans les années 70. Invariablement, il finit second de ces courses, et le public admire la ténacité de ce cycliste hors du commun, qui ne baisse pas les bras et ne renonce jamais. Il échoue à 14 secondes du maillot jaune au sommet du Puy de Dôme en 1964. Lors du prologue de 1973 à Schevenigen, il termine à 80 centièmes de seconde de Joop Zoetemelk. Ses duels avec Aquetil passionnent la presse et font l'objet d'articles haletants. Cette réputation d'"Éternel Second" fait malheureusement souvent oublier le parcours hors-norme de ce grand champion. Il est en effet le vainqueur de 189 courses dont la course Milan-San Remo, surnommée "la primavera" (la classique printanière), le Tour d'Espagne et le Grand Prix des Nations. il est lauréat du Super Prestige Pernod en 1964. 


Jeannie Longo

jeannie_longo_2__600Jeannie Longo

Jeannie Longo commence à pratiquer le cyclisme à l'age de 20 ans, en 1978. Avant de pédaler, cette fille d'un directeur d'une entreprise de travaux public et d'une institutrice professeur de gymnastique annécienne excelle en ski alpin. L'année suivante, en 1979, elle obtient son premier titre de championne de France. En 1981, elle est vice-championne du monde sur route à Prague, en Tchécoslovakie. Elle décide de se consacrer entièrement à ce sport en 1983 à l'approche des Jeux Olympiques de Los Angeles. Elle possède aujourd'hui un palmarès unique. Cycliste la plus titrée de toutes, elle a obtenu cinquante-neuf titres nationaux, trente médailles aux Jeux Olympiques et aux Championnats du Monde de Cyclisme, un titre olympique, treize titres de championne du monde, trois victoires du Tour de France féminin, trente-huit records du monde, et 1157 victoires depuis sa première licence. De plus, Jeannie Longo est dotée d'une longévité sportive exceptionnelle : ses dernières rivales battues n'étaient pas encore nées en 1985, lorsqu'elle-même gagnait ses premiers titres mondiaux. Jeannie Longo a souvent fait la Une des magazines, pour ses performances sportives certes, mais aussi pour sa relation particulière avec son mari, entraîneur et mentor Patrice Ciprelli et pour les doutes que quelques contrôles anti-dopage ont fait planer sur sa probité.

 

Bernard Hinault

06_hinaultBernard Hinault

Parcourant plus de 20 km par jour à vélo pour le trajet de son domicile au collège, Bernard Hinault prend goût au cyclisme alors qu'il est encore très jeune. Ces trajets quotidiens l'amènent à aimer la performance, et l'athlétisme qu'il pratiquait à l'époque, lui apprend à "domestiquer son souffle". Hinault décide de prendre une licence pour devenir amateur suite à une victoire de son cousin René qui l'emmène assister à ses propres courses. Lors de sa carrière amateur, il remporte sa première course le 2 mai 1971 sur le vélo de son frère Gilbert. Il remporte douze courses sur vingt durant cette période. Lors de la finale du championnat de France du kilomètre, il se fait prêter des roues par Daniel Morelon, multiple champion du monde et olympique. Celui-ci estime en effet qu'Hinault ne dispose pas du matériel  adéquat.

A l'issue de sa carrière de cycliste professionnel, Bernard Hinault compte à son palmarès un titre de champion du monde sur route, trois Tours d'Italie et deux Tours d'Espagne. Après Jacques Anquetil et Eddy Merckx, il remporte à cinq reprises le Tour de France, dont il gagne vingt-huit étapes. Il domine le sport cycliste de 1978 à 1986, remportant deux-cent-seize victoires dont cent-quarante-quatre hors critériums. Physiquement, Bernard Hinault dispose d'un corps hors du commun. Sa fréquence cardiaque est de 34 pulsations par minute seulement, mais surtout, il dispose de fémurs très longs par rapport à ses tibias, ce qui lui permet de disposer d'un grand bras de levier. C'est néanmoins davantage son caractère "bien trempé" qui lui attire la sympathie du public. Il n'hésite pas à protester contre les mauvaises conditions auxquelles sont soumis les coureurs du Tour de France, il envoie un coup de poing à un gréviste qui stoppe son avancée lors du Paris-Nice de 1984 ; bref, il ne mâche pas ses mots ! Sans doute est-ce la raison pour laquelle on le surnomme : "le blaireau". Il explique en effet au magazine breton en 2008 : "Ça ne me dérange pas du tout quand on connaît l'animal et qu'un le chasse. J'ai eu les mêmes réactions. Quand on m'emmerde, je rentre dans mon trou. Mais quand je sors, je mords."

Du "Cannibal" au "Blaireau" en passant par "l'Éternel Second" et "Terminator", comme on a pu appeler Jeannie Longo, les quatre coureurs cyclistes présentés ici apparaissent comme des personnages hors du commun, au physique exceptionnel, mais surtout avec une inncroyable ténacité morale, leur permettant de ne jamais perdre de vue le but à atteindre. Prêts à tout pour réussir, ces sportifs peuvent se constituer modèle d'une jeunesse désoeuvrée et inquiète. Leur réussite envers et contre toutes les difficultés et rivalités, est preuve que l'on peut se dépasser soi-même sans cesse et aller toujours plus loin. À ce titre, les coureurs cyclistes peuvent s'apparenter à des héros des temps modernes.

Sébastien B.

 

Bio express Eddy Merckx

- Né le 17 juin 1945

- Nationalité : Belge

- Equipes : Evere Kerkhoek Sportif (1961-1964), Solo-Superia (1965) , Peugeot BP Michelin (1966-1967), Faema (1968-1969), Faemino Faema (1970), Molteni (1971-1975), Fiat (1977), CetA (1978).

- Nombre de courses remportées : 625 (525 sur route, 98 sur piste, 2 sur cyclo-cross)

- Principales compétitions remportées : 5 Tours de France, 5 Tours d’Italie, 3 championnats du monde en ligne, un Tour d’Espagne.

- Principaux records : Le record de l’heure sur piste (49,431 km, le 25 octobre 1972 à Mexico)

- Surnoms : Le Cannibale, l’Orge de Teruven.

- Elu « athlète Belge du XXe siècle » et « meilleur cycliste du XXe siècle » par l’Union Cycliste Internationale.


Bio express Raymond Poulidor

- Né le 15 avril 1936

- Nationalité : Français

- Equipes : Mercier-BP-Hutchinson (1960-1969), Fagor-Mercier-Hutchinson (1970-1971), Gan-Mercier-Hutchinson (1972-1976), Miko mercier-Huntchinson (1977)

- Nombres de courses remportées : 189

- Principales compétitions remportées : Milan-San-Remo, le Tour d’Espagne, le Grand Prix des Nations.

- Surnoms : l’Éternel Second, Poupou, Pouliche


Bio express Jeannie Longo 

- Né le 31 octobre 1958

- Nationnalité : Française

- Nombre de coures remportées : 1157

- Principales compétitions remportées : 1 titre olympique, 13 championnats du monde, 3 Tours de France féminin.

- Records : 38 records du monde (record de l’heure, au niveau de la mer, sur piste ouverte)


Bio express Bernard Hinault

- Né le 14 novembre 1954

- Nationalité : Français

- Equipes : Gitane (1975-1977), Renault-Gitane (1978-1980), Renault-Elf (1981-1983), La Vie claire (1984-1986).

- Nombre de courses remportées : 216

- Principales compétitions remportées : 5 Tours de France, championnat du mode sur route, 3 Tours d’Italie, 2 Tours d’Espagne

- Surnoms : Le blaireau

Posté par TPE 2016 à 16:58 - - Commentaires [0] - Permalien [#]
Tags : , ,